Jean-Claude Marcourt

Notre premier réseau Social, c’est la Solidarité ! 

Toutes les nouvelles

Carte blanche: la sécurité d'existence pour tous

29/04/2014 00:00 / politique

Carte blanche: la sécurité d'existence pour tous

Une carte blanche publiée ce 30 avril, sur Le Soir en ligne de 17h. Abordant des thématiques essentielles, elle est signée par Frédéric DAERDEN, Marc GOBLET, Jean-Pascal LABILLE et moi-même. 

La sécurité d’existence pour tous

 

Les partis de droite au Nord et au Sud du pays, relayés par certains lobbies patronaux, remettent en question notre système de protection sociale qui serait trop large, trop cher et pèserait sur la compétitivité.

Nous, progressistes, observons la montée des inégalités et l’augmentation du travail précaire. Une partie croissante de la population n’arrive plus à se soigner, à se loger dignement, à se nourrir sainement. Tous les jours, nous constatons que ce système de protection sociale est, au contraire, encore insuffisant pour garantir à chacun et chacune la sécurité d’existence, tout au long de sa vie.

Plus que jamais, nous sommes convaincus que cet objectif peut être atteint. Pour cela, l’économie doit retrouver son utilité première : répondre aux besoins essentiels de la population. Aujourd’hui, les forces de travail sont encore trop au service de la finance, alors que c’est la finance qui devrait être mise au service des forces de travail (G. Colletis et P. Grou, Le Soir du 7 janvier 2014, Carte blanche).

Nous avons le devoir de redonner de l’espoir à tous les citoyens en les écoutant et en se battant avec eux pour une société aussi solidaire que créative.

Dans le contexte des élections belges du 25 mai, nous proposons 6 lignes de force pour la prochaine législature basées sur le droit fondamental de tous les belges à la sécurité d’existence.

  1. Le redéploiement économique du pays est une priorité absolue pour maintenir un système de protection sociale large et performant. L’Etat doit fédérer les dynamiques régionales de croissance. La compétitivité de nos entreprises dépend moins des coûts du travail que du positionnement de nos industries. Un saut d’index n’y changerait rien et les moindres recettes engrangées grèveraient le budget de la Sécurité sociale.
  2. Nous prônons une croissance,  liée à une répartition plus juste du travail, sur base du constat suivant. Un tiers des travailleurs du secteur privé, dont une large majorité de femmes, sont désormais occupés à temps partiel. On exige d’eux qu’ils complètent leur horaire mais la flexibilité à laquelle ils sont soumis les empêche de trouver un 2ème boulot. Ils sont dans une impasse sauf si nous nous battons pour que le travailleur, créateur de richesse, soit placé au centre des préoccupations. Nous proposons : une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire, un frein à la trop grande flexibilité des horaires, une assimilation plus acceptable pour ces périodes non-travaillées. Nous nous engageons également pour une lutte véritable contre le dumping social qui met les travailleurs en concurrence et qui mine notre droit social.
  3. La sécurité d’existence repose aussi sur d’autres conditions de la croissance économique durable : un enseignement performant pour tous et synonyme d’ascenseur social, la formation tout au long de la vie, des logements de qualité et accessibles. Ces conditions sont au cœur des combats de demain.
  4. Un seul et même statut pour tous les enfants de Wallonie : la régionalisation des allocations familiales est l’opportunité pour le réaffirmer et le concrétiser. Des suppléments sociaux doivent être alloués en fonction du revenu. Des places d’accueil supplémentaires pour les plus jeunes, un repas équilibré jusqu’à la fin de primaires, doivent être garantis à nos enfants.
  5. Le système de protection sociale doit s’accompagner d’une politique active de santé. Toutes les politiques nouvelles doivent être évaluées dans leurs répercussions potentielles sur la santé des citoyens. Des objectifs ambitieux doivent être fixés à l’horizon de 5 et 10 ans. La lutte contre la marchandisation des services et des soins doit être poursuivie. Le service public et le secteur non marchand sont le meilleur choix pour le citoyen. Les soins et les médicaments doivent être gratuits dans les maisons médicales et l’usage des médicaments génériques doit être généralisé sauf contre-indications médicales.
  6. La pension légale doit garantir durablement un revenu décent à tous les pensionnés. Les compléments à la pension légale ne peuvent être encouragés par les pouvoirs publics, qu’en contrepartie de la solidarité avec tous les travailleurs dans le cadre du système de sécurité sociale. La charge globale des pensions est économiquement soutenable à terme dans une société créative, solidaire et proche du plein emploi.

La nécessaire réforme de notre fiscalité ne peut conduire à une baisse des recettes publiques. Pour permettre de mener les politiques précitées tout en rendant la taxation plus équitable, l’assiette fiscale doit tendre vers la globalisation des revenus et la progressivité de l’impôt doit être renforcée.  

Au soir du 25 mai 2014, grâce à votre confiance renouvelée, nous pourrons avoir la force, en action commune, pour défendre l’application de la nouvelle stratégie de sécurité d’existence décrite ci-dessus. Oui, nous l’aurons, si le 25 mai, vous allez voter, et surtout si vous votez PS, pour les élections européennes, législatives et régionales.

 

 

  Frédéric DAERDEN - Député-Bourgmestre de Herstal

  Marc GOBLET  - Président de laFGTB Liège-Huy-Waremme

  Jean-Pascal LABILLE - Ministre féréral

  Jean-Claude MARCOURT - Vice-Président du Gouvernement wallon